Tags, dégradations, incendies… ce lieu a été énormément visité et dégradé depuis sa fermeture. Pourtant, des équipements sont toujours en place : les rails suspendus au plafond, les scies rouillées, les rigoles carrelées qui sillonnent le sol... je ne veux pas imaginer se qui déroulait ici lorsque l’endroit était encore en activité.
Au sol d’une pièce plongée dans le noir, se trouve un instrument en forme de pistolet. Sa pince aux crans profonds trahissent une fonction brutale et sinistre. J’ai fait abstraction des beuglements et cris d’animaux qui ont dû résonner entre ces murs parce que sinon je me serais enfuis.
Aujourd’hui, seuls les oiseaux habitent ce silence. Ils évoluent dans la pénombre, traversent les couloirs abandonnés et nichent en hauteur, loin du sol souillé d’histoire macabre.
Cette exploration m’a profondément questionnée sur ce que je refuse d’accepter pour les animaux. Il est si facile de dissocier le steak dans notre assiette de l’animal qu’il était… pourtant, c’est bien la même réalité. Mes recherches sur l’histoire de ce lieu m’ont menée vers des révélations horribles : les dénonciations de maltraitance et les faits horrifiques qui se déroulent encore aujourd’hui dans certains abattoirs. Cette découverte a donné une dimension supplémentaire à mes photos, transformant ce qui aurait pu n’être qu’une simple exploration urbaine en une véritable réflexion sur notre rapport à la condition animale.





